Mon désir de Grossesse à mon postpartum Partie 1

Dernière mise à jour : 21 juin


Jado est une application dédié aux futures et jeunes mamans qui regroupe les professionnels dont vous aurez certainement besoin pendant votre grossesse et votre postpartum.

Elle recueille également des témoignages pour apporter soutien et information à toutes ces femmes, filles, mères, soeurs, copines... qui traversent le tourbillon de la maternité.


Je me suis lancée, et nous avons relater toute l'histoire de mon accouchement et comment j'ai traversé la période du postpartum. J'étais très loin de me douter de ce que j'allais vivre. C'était le moment le plus intense que j'ai pu vivre dans ma vie.


Partie 1 - Grossesse et accouchement


Mon désir de grossesse


Mon désir de grossesse nait dans un contexte de terrain médical compliqué. Les médecins m’ont dit que j’aurais des difficultés pour tomber enceinte.

Finalement, je suis tombée enceinte naturellement, à 29 ans.


• Ma grossesse


Ma grossesse fut loin d’être une période très épanouissante.

J’ai eu presque tous les maux de grossesse : nausées, vomissements, crampes, saignements des gencives, fatigue, insomnie. Je dormais entre 2 et 3h par nuit et ne faisais pas de sieste en journée.

J’ai senti un problème d’accompagnement dès ce moment : au niveau médical, la grossesse est bien prise en charge, en revanche, au niveau humain, psychologique, l’accompagnement est absent.

Puis la période du Covid a débuté et les cours de préparation à l’accouchement ont été annulés. J’allais donner naissance à mon premier bébé dans un contexte de pandémie sans cours de préparation. Rien ne remplace la présence physique d’un professionnel, d’un accompagnant mais j’allais devoir m’en passer.

D’autant plus que les RDV de suivi étaient limités sur cette période de confinement, ou le papa n’était pas accepté pendant les consultations. Il est encore aujourd’hui considéré comme un simple accompagnant !


Au 3e trimestre, j’apprends que mon bébé est en siège. La gynécologue qui me suivait alors m’oriente vers un de ses confrères.

Je n’ai pas été informé sur les techniques possibles que j’aurais pu utiliser à mon avantage à la fois pour aider bébé a se retourner ( acuponcture, position yoga …) ou pour essayer l’accouchement en siège.

Au niveau médical, on m’a indiqué que j’étais capable d’accoucher par voie basse car mon bassin le permettait. Le gynécologue m’a dit : « vous n’avez pas pris beaucoup de poids, vous êtes sportive. Vous gérez la grossesse. Malgré la fatigue, l’accouchement par voie basse se tente. »

En revanche, mentalement, on ne m’a pas rassurée ou préparée. On ne me parlait que de la possibilité médicale mais personne n’était là pour répondre à mes questions, mes doutes.

J’avais besoin de cadrer les choses, de les contrôler. Mais j’étais face à des événements incontrôlables en cas d’accouchement en siège.


A ce moment-là, je me dis que la seule chose sûre qui m’est proposée, c’est la césarienne.

J’avais tellement peur que mon accouchement se passe mal, je pouvais pas me contenter d’un « ça passe » alors je choisis cette solution, par dépit.


• Mon accouchement : 26 Mai 2020


Avec le contexte Covid et la saturation de la maternité, on m’informe que je dois me rendre à la clinique le jour-même de la césarienne. Le 26 mai, j’ai rdv à 9h à la clinique Bouchard de Marseille.

Je suis prise en charge assez rapidement, on m’examine : rien à signaler, bébé va bien, je vais très bien également. Le temps de deux trois photos souvenirs avant bébé avec mon conjoint et voilà qu'on me descend au bloc opération vers 9h30. On m’installe, la sage-femme prend connaissance de mon dossier. Une césarienne est en cours, je serai la prochaine.


"- Mademoiselle êtes-vous prête ? c'est à vous.

- Oui "

Je m’installe sur la table. On me fait une rachianesthésie.


L’anesthésiste est top, elle me propose de garder une infime sensation.

Elle est mon point de repère. Je me concentre uniquement sur ce qu’elle me dit, son regard, son sourire, sa gentillesse, j'essaye par tous les moyens d’atténuer mon anxiété, mes peurs.

Elle m’aide à me sentir mieux et me rassure pendant que mon conjoint se prépare dans une salle juste à coté. Une préparation qui à du durée peut-être 5min mais j’avais l’impression que c’était interminable.

C’est le gynécologue qui a repris mon suivi de grossesse qui effectuera la césarienne.

Mon conjoint arrive finalement et s’installe sur un petit fauteuil à coté de moi. Il pose sa tête au niveau de la mienne. Avec les mesures dues au Covid, " les accompagnants" n’étaient pas autorisés. Drôle de mot n'est ce pas ?

Je ne pouvais pas donner naissance à ma fille sans sa présence. C’était la condition sine qua none pour cette césarienne programmée. Dans leur service, ils se sont tous mis d’accord sur la présence de mon conjoint.


Le gynécologue tire un grand drap bleu - le champ opératoire.

Et là je dis : « c’est parti ».

  • Vous êtes prête à rencontrer votre fille ?

Je réponds par un grand oui. Il est 10h40.

  • Incision.

Le papa me demande comment je vais. Il tente de me rassurer, mais je ressent toute son inquiétude. A vrai dire je ressent absolument tout : l’inquiétude du papa, les mains de l’obstétricien, le froid de la salle, la bienveillance de mon anesthésiste, le calme de mon bébé. Tout se confond, c’est assez violent et doux à la fois.


10.46

  • tu es prête ?

  • oui

A ce moment-là je sens les jambes de ma fille se déplier et sortir de mon ventre. Je dis :


- elle est là !


J’entend un crie puis un autre. Enfin.


On me l’amène. je peux la sentir la toucher.


Ma première réaction :

  • Mon Dieu qu'es ce qu'elle sent bon et elle est magnifique.

Je ne cesse de me répéter cette phrase.


J. est un bébé de 3,2 kg pour 49cm et va très bien.

Je dis à mon conjoint de ne pas la quitter d’une semelle. Une sage femme (je crois ) vient me voir et m’informe que tout s’est bien passé et qu’elle va bien et que telle infirmière s’occupe de ma fille.


Pendant la suture, les sages-femmes parlent de leur prochain repas du midi. J’avais envie de leur dire « pardonnez-moi mais je suis là, je viens de vivre le moment le plus intense de ma vie et c'est mon ventre que vous êtes en train de refermer ». Mais je n'ai rien dit.

L’anesthésiste vient me voir et m’informe que tout s’est bien passé. Elle me tient au courant de tout. Me rassure en m'expliquant que ma fille est entre de bonnes mains. Elle est humaine, tout simplement, et ça me fait du bien.


On m’emmène ensuite en salle de réveil. Sur le chemin, une sage-femme et mon conjoint m’apportent ma fille. Je fais du peau à peau avec elle pendant une vingtaine de minutes. Quel bonheur.

J’arrive en salle de réveil, j’y reste 2h au total. C’est long sans avoir de nouvelles de ma fille et de mon conjoint. Je suis dans les vapes, je ressens une fatigue extrême, que mon corps est épuisé. Je fais une réaction à l’anesthésie, mon décolleté et mon visage me démangent mais tout se remet en ordre rapidment.

Au terme de ces 2h, je me remets tant bien que mal de l’anesthésie.



Je remonte en chambre et je m’installe pour faire du peau à peau avec ma fille. Puis nous sommes interrompus par une soignante qui entre dans la chambre.

Elle me demande de me lever et de marcher. Cela fait 3h que je viens de subir une césarienne. physiquement je ne vais pas bien. Je refuse.

Elle me dit : " Dans 3 jours, vous devrez vous lever pour donner le premier bain à votre bébé. "

Ok j'ai compris. Je me lève tant bien que mal. je tremble de douleur. Les larmes coulent.

Je me dis intérieurement « allez Mélanie, tu es une maman maintenant. c’est ta première étape. »

je fais quelques pas puis me rassois sur le lit. Tout le monde sort de ma chambre. Une réflexion me vient « ça va être atroce».


J’ai de très grosses douleurs. Ma cicatrice est belle médicalement mais atrocement douloureuse. On vient la vérifier régulièrement ainsi que ma montée de lait.


Malheureusement, mon choix de ne pas allaiter fait l’objet de soupirs.

Je le vis comme du jugement. Face aux équipes médicales, il faut que je sois sûre de moi dans mes réponses même si je ne le suis pas au fond, car je veux éviter les jugements.

Je n’ai absolument pas besoin de ça. personne a besoin de ça a ce moment là.

Malgré tout, je ressens un certain soutien des sages-femmes, à travers leurs mots gentils. Je retrouve le côté humain chez elles. Parfois, elles ne peuvent pas soulager davantage ma douleur mais elles sont quand même présentes.


On me prescrit un antidouleur puissant, du Tramadol. Je le prend car il me permet de me lever et de m’occuper de ma fille sans douleur. Je n’en peux plus d’avoir mal.

Mais ce bien cachait un autre mal.

Je suis rassurée d’être sur place car je me sens diminuée par cette césarienne. Si j’ai le moindre problème avec ma fille, des professionnels de santé sont présents. Nous n’avons pas de visite, elles sont interdites à cause du contexte de pandémie. J’adore cette parenthèse où il n’y a que nous 3. Mon conjoint fait connaissance avec son bébé, il est heureux. Dans cette bulle, je peux me reposer, Je me pose des questions sur l’après. Comment je vais y arriver ? ...

Assia, Merci.


La partie 2 : Mon vécu du postpartum sera publié dans un prochain article, à très vite !


Mélanie


Découvrez Jado sans plus tarder : https://www.jadoapp.com/ - instagram : @jado_app





37 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout